Millésime 2016

L’hiver 2015-2016 en Beaujolais a été plutôt doux avec des températures au dessus des moyennes de saison. Le printemps fut marqué par un début de mars assez chaud suivi de précipitations intenses et fréquentes. Avril fut plutôt froid et moins ensoleillé, par contre les températures remontèrent fin mai favorisant un temps orageux. Deux épisodes de grêle, un fin mai et un autre fin juin causèrent des dégâts importants sur nos crus. Il fallut attendre juillet pour que l’été arrive et s’installe avec des températures supérieures aux moyennes de saison. Septembre fut dans la lignée de cet été chaud. L’hétérogénéité de maturité d’une vigne à l’autre compliqua la décision de récolte et plus que jamais la dégustation des baies s’avéra indispensable. C’est vers le 20 septembre que les premiers raisins furent récoltés sous un soleil radieux. Autre fait marquant : plus les jours passaient, plus les raisins étaient savoureux, la maturité phénolique progressait chaque jour. Les vinifications se déroulèrent plutôt bien, les couleurs se sont extraites à merveille et les tanins des pellicules se sont révélés souples et agréables. Après quelques mois d’élevage, on découvre des vins avec des robes profondes d’une belle nuance pourpre et des arômes de fruits rouges frais intenses ( framboise, cerise ). Les tanins fins, élégants et soyeux sont bien présents. Derrière le millésime 2015 riche et chaleureux, le millésime 2016 se révèle comme un vin plaisir, un vin plus facile à boire, un vin qui renaît de ses pépins !

Moulin à Vent : Un vin de légende

Les 655 hectares de l’aire d’appellation du Cru Moulin à Vent, sont exploités par environ 300 vignerons, et s’étendent à parts sensiblement égales, sur les communes de Chénas (Rhône) et de Romanèche-Thorins (Saône et Loire). Ils sont bordés des Crus Chénas au Nord et Fleurie au Sud. Le Moulin à Vent est le seul cru à ne pas porter un nom de village. Son appellation date de 1924, soit plus de dix ans avant la création des AOC, lorsque ses vignerons, souhaitant se protéger des contrefaçons, ont constitué une Union des Viticulteurs et ont obtenu du Tribunal de Mâcon un arrêté délimitant précisément son terroir et leur octroyant le droit d’utiliser le nom qu’il porte aujourd’hui. L’appellation est symbolisée par le vénérable bâtiment du XVème siècle planté sur la colline de Poncié (258 m d’altitude) et classé monument historique en 1930.

Les sols de son terroir, maigres et bien drainants, avec des pentes parfois sévères, sont composés d’arènes granitiques roses et friables (le gore) infiltrées de filons de manganèse. Cet apport minéral confère aux vins qui y sont produits une capacité de garde inégalée dans la région. Les archives historiques montrent que les premières vignes ont été plantées à l’époque Gallo-Romaine autour des villas romaines édifiées à Romanesca (Romanèche) et que le vin qui y était produit était déjà « exporté » par barges naviguant sur la Saône jusqu’à Lyon. L’excellence de la production vinicole locale s’est perpétuée puisque l’on retrouve sa trace à la veille de la Révolution, sur des factures émises en 1757, puis dans « l’Almanach Général du Commerce en France, en Europe et autres parties du monde » publié en 1788 par BC Gournay, puis dans la « Topographie de tous les vignobles connus » publié en 1832 par l’œnologue A. Jullien, et qui classait alors le Moulin à Vent, en première classe. Juste derrière les « Beaune ». Le succès du « Seigneur des Crus » se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

Avec sa robe évoluant entre le rubis profond et le grenat sombre, le Moulin à Vent est un vin puissant, charpenté et complexe. Bu jeune, il révèle des senteurs florales (de violette) et fruitées (cerise). Puis il évolue vers des arômes d’iris, de roses fanées, d’épices et de fruits mûrs, pour enfin, lorsqu’il est consommé après plusieurs années de garde, révéler des saveurs de truffe, de musc, de venaison et d’ambre gris. Avec l’âge il aurait tendance à « pinoter » se rapprochant ainsi de ses grands cousins bourguignons.

Avec son intensité, sa puissance et ses tannins, le Moulin à Vent est un vin de garde par excellence.

Union des Viticulteurs du Cru Moulin à Vent : union.moulinavent@orange.fr

Mairie de Chénas : site

Le Cru Chénas

Les 265 hectares de l’aire d’appellation du Cru Chénas s’étendent sur les communes de Chénas (Rhône) et de La Chapelle de Guinchay (Saône et Loire), et jouxtent la partie septentrionale du Moulin à Vent, et tutoient le Juliénas et Saint-Amour au Nord Nord-Est.

Son terroir comprend essentiellement des terrains pentus et granitiques à l’ouest très proches des sols du Moulin à Vent, ainsi que des étendues plus plates composées de limons silico-argileux au fur et à mesure que l’on s’approche de la vallée de la Saône.

Par sa surface cultivée, l’AOC Chénas est la plus petite des appellations des Crus de Beaujolais., mais aussi la plus rare !

Une légende circule de cave en cave sur l’origine du nom Chénas. Elle rapporte qu’un homme besogneux venant de Ligurie, aurait jadis rapporté une poignée de ceps de vignes. Pour les planter, il dut abattre des chênes, dont il utilisa le bois pour faire une cuve et y verser sa récolte. L’ayant un jour entendue murmurer, il la goûta, jusqu’à chanter de bonheur toutes les notes de la gamme. Gamme ? Gamay ? C’est ainsi qu’il baptisa la boisson à laquelle il avait fortuitement donné naissance… Qu’en est-il exactement ? Aujourd’hui, nous savons seulement que par un Edit Royal de 1316, Philippe V dit « Le Long » ordonna l’arrachage des chênes sur la montagne des Rémont (400m) qui domine le village, pour y planter de la vigne. Le nom Chénas vient donc des chênes qui y prospéraient jadis.

Avec sa robe rubis, teintée de grenat, le plus rare des Crus du Beaujolais se distingue par sa finesse et sa complexité aromatique qui combine des notes florales (de rose, de pivoine, de violette) et un palais de saveurs boisées et épicées. Les vins de Chénas sont puissants, racés et s’affirment comme des vins de garde généreux.

On dit du Chénas que c’est « une gerbe de fleurs dans une corbeille de velours ».

Ce n’est pas sans raison que Louis XIII, le premier, plébiscitait le vin de Chénas et que c’était le seul vin qu’il acceptait à sa table ! Il fut suivi dans ses habitudes, par Henri II et Louis XIV.

Chénas : Entrez dans la Confidence !

 Union des Viticulteurs du Cru Chénas : site

Mairie de Chénas : site

Millésime 2014

Le début de cette année 2014 fut chaud et sec. Le printemps ensoleillé a fait observer les premières fleurs vers le 25 Mai. Le week-end estival de Pentecôte fait exploser la floraison : au 10 Juin, 80% des fleurs étaient ouvertes ou terminées. L’été fut plutôt arrosé et frisquet; la très belle arrière saison qui suivit ( soleil radieux de fin Août à fin Septembre) a fait du bien à la vigne et au moral des vignerons …La maturation s’est ainsi déroulée dans de parfaites conditions à un rythme lent et progressif grâce à des nuits fraiches et protectrices. Les vignerons ont ainsi pu récolter des raisins d’une qualité exceptionnelle : bien murs, sucrés avec une pellicule épaisse et colorée et de très beaux degrés naturels (12 à13 ° )

Au cuvage les fermentations alcooliques se sont déclenchées rapidement, permettant aux arômes de se révéler. Les fermentations Malo lactiques ont suivi sans problème.

Les dégustations de la St Vincent ont dévoilé des Chénas et des Moulins à Vent parés de robes somptueuses, très équilibrés en bouche, avec des tanins ronds et soyeux. Quelques notes épicées apportant une belle complexité

2014 est le fruit d’une année difficile à la vigne où triomphe le savoir faire de nos vignerons de Chénas et Moulin à Vent qui ont su

Millésime 2015

Le premier semestre de 2015 fut particulièrement sec et chaud. L’ensoleillement historique a permis au vignoble d’avoir un état sanitaire irréprochable. La floraison a été précoce et grâce à la chaleur de juillet, cette avance s’est prolongée jusqu’à la véraison qui est intervenue début août. Les petites pluies du mois d’août ont limité le stress de la vigne et les raisins ont terminé leur maturation dans d’excellentes conditions. Dés le début de la dernière semaine d’août, les vendangeurs ont récolté de petites baies bien mûres d’une qualité exceptionnelle avec des pellicules épaisses, une maturité phénolique complète et des degrés naturels jamais atteints.

De mémoire de vigneron, on n’a jamais vu une telle maturité en Beaujolais.

Les dégustations de la Saint Vincent sont un réel bonheur. On découvre un millésime d’une grande homogénéité et d’une belle concentration. En bouche, sa richesse explose: tout est rondeur et générosité. Les vins sont équilibrés, opulents avec une structure tannique annonciatrice d’un grand millésime de garde. Les couleurs sont profondes, intenses, somptueuses. Elles nous rappellent 2009 voire 1947, deux excellents millésimes au potentiel de garde avéré. Les tanins et les acidités apportent l’équilibre parfait et tous les ingrédients sont là pour faire un millésime sublime qu’il faudra avoir absolument dans sa cave.

Ces cuvées excellentissimes de Chénas et de Moulin à Vent seront l’affaire du siècle pour ceux qui auront la chance de pouvoir se les procurer !…